Historique
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Déjà, du XIe au XIIIe siècle, la Montagne du Tarn est connue pour abriter des communautés Cathares (ou Albigeois). Cette "hérésie", qui revendiquait une certaine fidélité au texte évangélique et qui s’opposait au pouvoir de Rome, annonce, d’une certaine manière, les mouvements religieux qui vont s’implanter trois siècles plus tard dans la même région.
Ancrées dans le granit et le schiste en amont de Castres, les communautés réformées de la Montagne du Tarn sont de très ancienne roche protestante alors qu’aucune véritable route ne les relie à leurs sœurs de la plaine et que les grands courants religieux doivent remonter des torrents pour parvenir jusqu’aux hommes : pratiquement toutes les églises locales d’aujourd’hui sont déjà "plantées" en 1561 et réclament le droit de "faire administrer les saints sacrements selon la pureté de la primitive Église".
Préparé à la liberté religieuse par des libertés civiques et professionnelles obtenues depuis plusieurs siècles, le protestant de la Montagne est prêt à risquer sa vie pour les conserver et prêt à vivre dangereusement pour vivre chez lui.
Au XVIè siècle, il fonde des écoles à côté de ses temples et, avec Guilhot de Ferrières, prête main-forte à ses frères de Castres. Cent ans plus tard, sous le masque de "nouveau catholique", écrasé d’amendes pour "mutineries", pressuré par des régiments de dragons, dénué de pasteurs, il organise au péril de ses jours ces assemblées clandestines qui attirent des milliers de citadins privés de culte.
Après 1792, sa liberté de conscience reconnue, le protestant de la Montagne peut enfin vivre pleinement : participer aux responsabilités civiques, moderniser son artisanat et ses fabriques textiles de Brassac et de Vabre, étendre ses exploitations agricoles, créer des écoles mutuelles protestantes, faire naître une diaconie sous l’influence du "Réveil" et organiser la desserte de ses deux consistoires.
En 1872, il renonce à ses écoles, mais devient souvent instituteur "laïc" dans son propre village. Avide de nuances théologiques, il laisse parfois son église se subdiviser en chapelles.
Au XXè siècle, la séparation des Églises et de l’État l’oblige à un effort financier important, mais une vie paroissiale intense reste pour lui une exigence essentielle. Au début de la seconde guerre mondiale, les protestants de la Montagne sont regroupés en majorité dans l’E.R.F. mais c’est en totalité qu’ils se montreront dignes de leur passé en créant chez eux un noyau sans faille de résistance au nazisme. Composés au départ par des membres du scoutisme unioniste, les "maquis" feront revivre le "Désert" et trois aumôniers clandestins, un pasteur, un prêtre et un rabbin soutiendront au travers des dangers la foi des maquisards.
L’après-guerre ouvre une période difficile pour nos communautés. Les jeunes protestants, qui ont su vite et bien profiter de toutes les nouvelles possibilités d’éducation, se trouvent très souvent contraints à l’exode faute de trouver sur place un travail correspondant à leur qualification. Avec une population moins dense et plus âgée, la desserte paroissiale se complique. Pourtant le Synode National de l’E.R.F. sera reçu à Vabre en 1967.
Quelques années plus tard, les dix associations cultuelles décideront la fondation commune d’une "Église Consistoriale" : l’Église Réformée de la Montagne du Tarn est née. Elle existe désormais sur le plan administratif depuis 2001 : une seule église pour toute la Montagne, un seul Conseil Presbytéral mais trois Conseils de secteur, deux Pasteurs et encore 8 lieux de Culte.